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Festival des Masques 2025 : Quand Porto-Novo assume son statut de capitale culturelle du Bénin

Porto-Novo, la capitale du Bénin, a vibré du 2 au 3 août 2025 au rythme de la deuxième édition du Festival des Masques. Un rendez-vous culturel majeur qui a mêlé colloque international, animations de place, déambulations de masques sacrés et concert grand public. Cette édition, placée sous le thème « Ifá Òrúnmìlà », a mis en lumière les savoirs endogènes et les expressions masquées ancrées dans la tradition yoruba-nago.

Le festival a été lancé par un colloque international, officiellement ouvert par le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean Michel ABIMBOLA. Il affirme : « En lançant officiellement les travaux de ce colloque, je forme le vœu que ce dialogue fécond entre Ifá Òrúnmìlà et les sciences contemporaines donne naissance à un nouvel espace de pensée et d’action, au service d’un Bénin souverain, enraciné, créatif et éclairé, capable d’embrasser pleinement les défis du XXIe siècle.» Il souligne l’importance de préserver les traditions tout en les valorisant par la recherche et la transmission.

Mahougnon KAKPO, coordonnateur général du festival, est revenu sur l’organisation de ce colloque tourné vers la connaissance du système Ifá : « Nous avons travaillé en répartissant les différents axes de ce colloque. Nous avons rassemblé les praticiens du fá, que l’on appelle babalao ou bokɔnon. Ils sont 35, venus du Nigéria, du Bénin et du Togo. Aux côtés d’eux, des universitaires et chercheurs ont apporté un éclairage scientifique sur la pratique. »

Autrefois appelé Festival International de Porto-Novo, l’événement a désormais une nouvelle appellation : Festival des Masques. Pour le maire de la ville, Charlemagne YAKOTY, ce changement reflète une volonté de recentrage et de clarté.

Un mélange de spiritualité de culture et de modernité

Le Festival des Masques de Porto-Novo se distingue des Vodun Days, célébrés à Ouidah en janvier. Le maire clarifie cette différence : « Les Voduns days, c’est la célébration du cultuel, de la sacralité. Même s’il y a des animations autour, on ne peut pas vulgariser ce qui est sacré. Le clou, là-bas, c’est la messe humaine et la consultation de l’oracle Ifa. »

« À Porto-Novo, c’est beaucoup plus l’aspect culturel. On retrouve des masques sacrés et profanes. C’est pour montrer la diversité de notre culture. Et nous invitons aussi des masques venus d’autres pays où ce genre existe, ce qui n’est pas le cas à Ouidah. »

Moment fort du festival, la grande parade des masques a envahi les rues de la capitale. Des masques tels que les Guèlèdè, Égoun-goun et Zangbétô ont offert un spectacle artistique, sous les regards curieux et admiratifs du public.

Léopold MEDEGAN Fagla, président de la Fédération des Associations du Culte Égoungoun de Porto-Novo, a estimé que « … le festival des Masques, c’est pour faire venir beaucoup de monde pour qu’ils puissent connaître ce que c’est que le vodoun béninois. »

Après deux jours de célébrations, le festival s’est clôturé par une grande procession de masques, suivie d’un concert animé par des artistes béninois, au grand bonheur du public. Cette ambiance festive, mêlant spiritualité, culture et modernité, confirme que Porto-Novo assume pleinement son statut de capitale culturelle du Bénin.

 

Isaac HOUSSOU/ Stag

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